2026-11-03 21:30:26

Gagner sa place sans faire de bruit : le parcours d’un jeune porté par l’engagement

Entre apprentissage, responsabilités et engagement, son parcours montre comment une opportunité peut devenir un véritable levier d’action. De la « Culture d’intégrité » à l’animation d’un débat sur le favoritisme devant 23 jeunes à Davié, découvrez comment Francis construit sa place, étape après étape, sans chercher à la revendiquer.


Gagner sa place sans faire de bruit : le parcours d’un jeune porté par l’engagement

Dans les discours sur la jeunesse, on parle souvent de potentiel, de leadership et d’engagement. Mais lorsqu’on cherche à savoir ce qu’un jeune fait réellement de ces mots, il faut regarder son parcours.

Pas seulement les responsabilités qu’on lui confie., mais ce qu’il en fait.

Le parcours de Francis AGUON mérite qu’on s’y arrête.

Au Centre BELIEVE, il n’est pas arrivé avec un titre ni une fonction. Il a commencé comme bénéficiaire. Puis il s’est impliqué, a pris des responsabilités et a progressivement trouvé sa place dans les activités du Centre.

Aujourd’hui, son parcours l’amène aussi à mettre ses apprentissages au service d’échanges avec d’autres jeunes.

Tout commence par une opportunité.

Francis a d’abord été bénéficiaire du programme de Compassion International Togo. Il y bénéficie d’un accompagnement, de ressources et de connaissances qui participent à son développement.

C’est dans cette continuité qu’il commence à fréquenter le Centre BELIEVE.

Au fil des activités, il s’investit davantage. Il s’intéresse notamment aux questions liées à la culture d’intégrité et finit par prendre la responsabilité du groupe thématique « Culture d’intégrité ».

Puis une autre responsabilité lui est confiée : celle de responsable de mobilisation au sein du Centre.

Aujourd’hui, Francis est assistant du coordinateur du Centre BELIEVE.

Entre ces différentes étapes, il n’y a pas eu de raccourci. Il a simplement avancé, responsabilité après responsabilité.

Et ceux qui suivent son parcours retiennent notamment deux traits : son humilité et son désir de progresser.

Il continue d’apprendre tout en assumant de nouvelles responsabilités. C’est cette combinaison qui donne du sens à son évolution.

Une leçon tirée de son parcours : Ce que l’on apprend finit par se voir

Intervention de Francis
Un parcours ne se mesure pas uniquement aux fonctions que l’on occupe. Il se voit aussi dans les situations où l’on doit mettre ses connaissances en pratique.

Francis en a récemment donné un exemple lors d’une convention des jeunes organisée du 19 au 23 à l’église Mont Olivier, à Davié.

Face à lui : 23 participants.

Son rôle : animer un débat-discussion autour d’un sujet lié à la culture de l’intégrité, en s’appuyant sur les outils du projet GIZ et sur la quatrième session du programme Au-delà du succès, consacrée aux relations.

Le sujet choisi n’était pas éloigné de la vie quotidienne : le favoritisme.

Peut-on utiliser ses relations pour obtenir un avantage que les autres n’ont pas ? À partir de quand une faveur devient-elle un passe-droit ? Et pourquoi certaines pratiques que l’on considère comme « normales » peuvent-elles poser un problème d’équité ?

Les échanges ont permis de faire ressortir des situations concrètes : des personnes bénéficiant d’une priorité dans certains services publics ou encore des passe-droits sur la route.

Pour certains jeunes présents, ces pratiques n’étaient pas spontanément considérées comme de la corruption.

La discussion les a amenés à revoir cette perception.

Le favoritisme, lorsqu’il permet d’obtenir un avantage indu au détriment des autres, soulève bien une question d’intégrité.

Cette fois, Francis n’était pas seulement celui qui apprenait. Il mettait en situation ce qu’il avait lui-même appris.

De bénéficiaire à relais auprès de ses pairs

C’est là que son parcours devient particulièrement intéressant.

Francis ne se retrouve pas du jour au lendemain dans la position de celui qui sait tout. Il continue son propre chemin d’apprentissage.

Mais il est désormais capable de prendre la parole, d’animer une réflexion et de partager avec d’autres jeunes des notions qu’il a rencontrées dans son parcours.

Il devient ainsi un relais auprès de ses pairs.

Ce qui a été reçu sous forme d’accompagnement, de connaissances et d’expériences trouve une autre expression : une discussion, une sensibilisation, une réflexion menée avec d’autres.

À Davié, le sujet du favoritisme n’est donc pas resté une notion apprise dans le cadre d’un programme. Il est devenu un sujet de conversation entre jeunes, confronté à des situations qu’ils connaissent.

C’est aussi comme cela que l’engagement de Francis prend forme.

Un parcours qui mérite d’être regardé de près

Francis est encore en construction. Son histoire n’est donc pas celle d’un jeune qui aurait atteint son point d’arrivée.

C’est justement ce qui la rend intéressante.

Son parcours permet de voir, étape après étape, ce qui peut se passer lorsqu’un jeune prend au sérieux les occasions qui lui sont données : il apprend, s’implique, gagne progressivement la confiance nécessaire pour recevoir de nouvelles responsabilités et finit par mettre ses acquis au service d’autres personnes.

À Davié, devant 23 jeunes, Francis n’avait pas besoin de raconter son parcours pour montrer le chemin parcouru.

Sa présence à cette place en disait déjà beaucoup.

Discussion avec d'autres jeunes

Celui qui avait commencé comme bénéficiaire se retrouvait désormais à conduire une discussion, à questionner des pratiques et à amener d’autres jeunes à réfléchir à leurs propres comportements.

Francis AGUON n’a peut-être pas cherché à devenir un exemple.

Mais son parcours montre qu’on peut gagner sa place sans faire de bruit : en apprenant, en s’impliquant, en acceptant les responsabilités et en laissant progressivement ses actes parler pour soi.

Et c’est peut-être cela qu’il faut retenir de son histoire : une place ne se réclame pas toujours. Elle se construit.

Auteur

Par Rédacteur Afebia

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