- Par Rédacteur Afebia
- 10/09/2026 10:25
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Lomé, 20 août 2026. « Vous ne pouvez pas imaginer la joie d’être une femme qui dispose d’une activité génératrice de revenus, c’est tellement bien. » Le sourire dans la voix de Madame NYAPO A. Kafui, représentante du Club Communautaire de Citoyenneté (CCC) d’Awatamé, résume l’ambiance de la rencontre organisée dans le cadre du projet NAATAANN. Aux côtés d’autres femmes en situation de handicap venues des CCC de Tsévié et d’Awatamé, elles ont présenté aux partenaires australiens les premières réalisations de la nouvelle phase du projet.
Venus apprécier l’évolution d’un projet qu’ils ont contribué à financer, les partenaires ont découvert des femmes qui, après avoir été formées sur leurs droits, commencent désormais à transformer leurs acquis en activités génératrices de revenus.
Des droits mieux connus
La première phase de NAATAANN a été consacrée à la formation des femmes en situation de handicap sur les droits humains. Elles ont notamment appris à mieux connaître leurs droits, ainsi que les instruments et mécanismes de défense des droits humains au Togo et au niveau international.
Pour certaines, les connaissances acquises ont rapidement dépassé le cadre de la formation. Elles ont été partagées avec leur entourage.
Madame ABINA Hodna représentante du CCC Tsévié témoigne ainsi de l'impact de cette étape : « Cette formation m’a permis de sensibiliser les femmes handicapées sur comment elles devraient se défendre et comment elles pourraient entretenir des relations avec leurs enfants pour pouvoir les soutenir et leur permettre de s’épanouir. »
À travers son propre vécu, elle a donc choisi de transmettre à son tour ce qu’elle avait appris.
Cette première phase achevée, NAATAANN entre dans une nouvelle étape : donner aux femmes en situation de handicap les moyens de développer des activités leur permettant de renforcer leur autonomie économique.
Des outils pour passer à l’action
Pour cette deuxième phase, les participantes des CCC de Tsévié et d’Awatamé ont reçu du matériel destiné à la mise en place de différentes activités génératrices de revenus.
Certaines se sont engagées dans la fabrication de savon liquide et de savon de Marseille. Une autre participante dispose également de matériel pour fabriquer des serviettes réutilisables.
Lors de la rencontre du 20 août, les femmes en situation de handicap ont présenté leurs premières productions aux partenaires australiens. Une présentation accueillie avec satisfaction et fierté par les participantes, heureuses de pouvoir désormais disposer d’une activité qu’elles peuvent développer.
Pour Madame Kafui, cette possibilité représente beaucoup : « Vous ne pouvez pas imaginer la joie d’être une femme qui dispose d’une activité génératrice de revenus, c’est tellement bien. »
Mais si produire est une première étape, vendre reste un défi.
« C’est difficile de pouvoir vendre, il n’y a pas le marché », souligne-t-elle.
Les participantes auront toutefois bientôt l’occasion de présenter leurs produits au public à l’occasion de la foire « Mon Beau Village », à laquelle elles ont annoncé leur participation. Une opportunité pour elles de faire connaître leurs productions et, surtout, de commencer à rechercher des débouchés.
« Nous voulons économiser »
La question de l’utilisation des revenus a également été abordée lors des échanges. Une partenaire australienne a demandé aux participantes comment elles comptaient gérer l’argent qu’elles gagneraient grâce à la commercialisation de leurs produits.
La réponse de Madame Kafui est claire : « Nous voulons économiser. »
Une autre participante précise : « Économiser pour soutenir les enfants et d’autres femmes. »
Au-delà de leur propre autonomie financière, ces femmes envisagent donc déjà la manière dont leurs activités pourraient leur permettre de contribuer aux besoins de leurs familles et de soutenir d’autres personnes autour d’elles.


Ils ont également proposé que les CCC dont sont issues les femmes présentes, puissent postuler aux programmes d’aide directe afin de rechercher des ressources supplémentaires et de donner davantage d’impact à leurs projets.
Pour les participantes, cette reconnaissance vient renforcer la satisfaction exprimée au cours de la rencontre. Après une première phase consacrée à la connaissance et à la défense de leurs droits, elles disposent désormais d’outils pour développer leurs propres activités.
Le défi reste désormais de faire connaître leurs produits, de trouver des marchés et de transformer ces premières productions en activités durables. La foire « Mon Beau Village » constituera une première occasion de franchir cette étape.
À Tsévié comme à Awatamé, les femmes en situation de handicap accompagnées par NAATAANN commencent ainsi à écrire une nouvelle page de leur parcours : celle où leurs connaissances deviennent des actions et où leurs activités peuvent progressivement devenir une source d’autonomie.